Kendô 剣道 : La voie du sabre

(Article paru sur LeJapon.org en mars 2004, actualisé en janvier 2015. Lien externe)

En japonais, le mot Kendô 剣道 est composé du kanji 剣 (tsurugi, KEN) qui signifie épée/sabre et du kanji 道 (michi, TÔ, DÔ) qui signifie rue/route/chemin. C'est pourquoi il est souvent traduit en français par "la voie du sabre".
Le kendô est l'escrime japonaise. Il consiste à utiliser d'une manière naturelle et rationnelle un shinaï (sabre de bambou qui représente le "katana" ou nipponto, sabre traditionnel japonais) tandis que le corps est protégé par une armure appelée Bogu.
Cette discipline est très enracinée dans la culture Japonaise et y est très populaire. Selon la fédération japonaise (ZNKR, Zen Nippon Kendo Renmei), on y dénombre plusieurs millions de licenciés, contre plusieurs milliers en France. Les équipes de policiers, de militaire et d'étudiants japonais sont d'un très bon niveau et les principales compétitions sont entièrement télévisées.

Développant les facultés motrices, psychiques et mentales, le Kendô est une activité sportive complète qui peut être pratiquée par tous sans limite d'âge et sans danger.
Le Kendô est avant tout un art martial mais pas seulement. A travers sa pratique et l’entraînement en salle (dojo) se dégage sa philosophie réelle :

la recherche de l’équilibre, de la plénitude
et de la maîtrise de soi dans un esprit de paix.


Les vertues du Kendô

Les pratiquants du Kendô, les "kendoka", qu'ils soient hommes, femmes ou enfants, voient leur agressivité dispaître au profit d'une combativité contrôlée qui leur est utile dans tous les domaines de la vie. Plus leur technique s'affine et plus ils prennent confiance en eux.

L’utilisation du corps dans des séries de déplacements et de mouvements naturels, aboutit à un développement harmonieux de la musculation et de la souplesse. Elle permet d'apprendre à travailler, à améliorer ses réflexes et à coordonner ses mouvements, favorisant ainsi la prise de conscience de son propre corps. Les séquences gestuelles effectuées au cours de l'apprentissage et du perfectionnement, de par le rythme et le volume exigés, représentent une réelle et intense activité physique et sportive.

Le port d’une armure de protection, appelée "bogu", permet des combats où l’engagement est complet et total, tout en restant sans danger pour les pratiquants. Le Kendô permet ainsi une longévité sportive exceptionnelle et peut-être pratiqué jusqu'à un âge trés avancé (70 ans et plus).

Les compétitions existent aussi en Kendô, tant pour les enfants que pour les adultes, et permettent à tous d’aborder cette partie importante de la discipline : permettre de se tester eux-mêmes et d’éprouver leurs techniques en se plaçant dans une situation réelle de combat. L'habitude de se confronter aux autres concrètement apparaît comme un facteur de maîtrise des émotions, de capacité à gérer les oppositions et de canalisation de l'agressivité.

En plus de l’extraordinaire gymnastique qu’il impose, aussi bien pour le corps que pour l'esprit, le Kendô enseigne la courtoisie, le respect de l’adversaire et la rigueur dans le travail. Il suffit d'assister à des championnats de Kendô pour constater que compétiteurs et spectateurs font preuve d'un comportement exemplaire. Pour tous, le "fair-play" est naturel... c'est un état d'esprit. Le Kendô, au-delà du formalisme ou du folklore, a également su conserver une "étiquette" spécifique, indispensable témoignage du respect mutuel qui est l'aboutissement de la pratique de cette discipline.


Un peu d'histoire...

Il est difficile de déterminer quand et comment le Kendô a été créé. Il a été développé sur une longue période et par plusieurs groupes différents. Ce qui est certain, c'est qu'il est le fruit de l'expérience acquise dans l'utilisation du sabre au cours des incessantes et interminables guerres qui jalonnent l'histoire du Japon.
Mais reprenons l'histoire depuis le début...

Au début de l'ère Yayoi (300 av.J.-C. - 300 apr.J.-C.), vraissemblablement au IIe siècle av.J.-C., le travail du fer atteint l'île de Kyushu depuis la Chine, via la Corée, et avec lui les premiers sabres. A cette époque, où des armes plus rudimentaires telles que l'arc et la fronde sont utilisés pour la chasse et les guerres tribales, le sabre est alors un objet rituel et coloré qui symbolise, plus que n'importe quelle autre arme, l'autorité de son possesseur. Graduellement, avec le temps, l'utilisation du sabre se généralise au combat.

A partir du VIIe-VIIIe siècle apr.J.-C., les forgerons japonais maîrisent les techniques complexes spécifiques à la fabication du sabre japonais, qui n'existe pas encore sous la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. Le sabre est alors droit et à deux tranchants. Intimement lié à l'art de la guerre, le sabre a évolué avec le temps pour mieux s'adapter à son utilisation, c'est à dire la coupe, et devient progressivement courbé et à un seul tranchant (la forme du sabre japonais actuel).

C'est au début du IXe siècle, pendant l'ère Heian (794 - 1185) que "l'art du sabre", appelé "ken jutsu", est importé de Chine (et oui encore! ^_^). Bien qu'ayant déjà un empereur, le Japon n'est pas unifié et le sabre est alors très largement utilisé dans les combats sanguinaires et incessants que se livrent les seigneurs et guerriers japonais.
C'est à cette époque que des temples influents tels que celui d'Enryaku-ji, fléau de la capitale, entrent dans des conflits armés avec d'autres temples et le gouvernement en créant des armées de moines-guerriers (sohei). C'est également pendant cette période qu'apparaissent les samouraïs (bushi) lorsque la cour impériale délégue la surveillance et la défense de ses possessions éloignées à des connetables et à des fermiers-combattants locaux. Affiliés aux daimyo (seigneurs d'adcendance noble), les samouraïs constituèrent leurs propres clans héréditaires qui devinrent plus puissants que l'empereur lui-même. De leurs rangs émergèrent les shogunats (dictatures militaires). Les différents groupes s'entre-détruisent ainsi mutuellement et, après 1100, la cour ne parvient plus à contrôler ces luttes internes qui perdureront jusqu'au XVIIe siècle. Ce climat belliqueux favorise l'apparition d'innombrables écoles de sabre (Ryu) où se perfectionnent les combattants et les techniques.

En 1600, au début de l'ère Edo/Tokugawa (1600 - 1868, Tokugawa Ieyasu gagne la bataille de Seigahara et assure son hégémonie sur tout le Japon. Il est nommé Shogun par l'empereur en 1603 et met un terme aux guerres de clans en interdisant aux samouraïs de posséder des terres et en les assignant à résidence dans certains quartiers de villes fortifiées. Après 1635, les daimyo et leur suite de samouraïs sont contraints de résider un an sur deux dans la ville d'Edo (l'actuelle Tôkyô), nouveau siège du shogunat. Cette période de paix, qui durera jusqu'au XIXe siècle, entraîne les samouraïs réduis à l'inactivité vers une intériorisation de leur art avec "la recherche de la voie" (Dô) en association avec le shintoïsme.

Le 3 mai 1868, le pouvoir impérial est restauré avec l'empereur Meiji (1852-1912), qui interdit le port du sabre. Le Japon s'occidentalise. La pratique du sabre décline pendant environ une décennie, puis, au nom des vertus qui étaient attachées à la pratique du sabre, la tradition fut renouée avec l'élaboration du kendô, conçu à partir des techniques les plus épurées des anciennes pratiques martiales du Kenjutsu. Les adeptes du sabre s'affrontent désormais sans armure et affinent leurs techniques en utilisant le bokken (sabre en bois) et le shinaï (sabre constitué de quatre lames de bambous) à l'entraînement. Afin d'éviter tout accident, les protections dérivées des armures de samouraï seront à nouveau utilisées un peu plus tard, ce qui amènera à ce que les kendokas modernes portent encore, le bogu.

Le kendô a pris sa forme actuelle à la fin du XIXe siècle. La première académie de Kendô fut fondée à Tôkyô en 1909 et dans les années soixante, cette discipline a connu un essor très rapide en Angleterre, puis dans toute l'Europe. Les premiers championnats du monde eurent lieu en 1970. Cet discipline est aujourd'hui placée sous l'autorité de l'International Kendo Federation et est maintenant largement diffusée à travers le monde. On compte plusieurs millions de licenciés au Japon (d'après la fédération Japonaise ^_^), ainsi que de nombreux licenciés aux Etats-Unis, en Europe, au Brésil, en Argentine, à Taiwan, en Corée, aux Philippines et en Australie. La France quant à elle compte quelques milliers de licenciés. Malgré cette internationalisation, la suprématie du Japon, contrairement au Judô, reste incontestable.


L'équipement du Kendoka

On peut distinguer trois grandes catégories dans l'équipement utilisé pour la pratique du Kendô :

La tenue vestimentaire : elle est constituée d'un hakama (le pantalon plissé traditionnel japonais), d'un keikogi ou kendogi (veste) et d'un tenugui (rectangle de coton fin destiné à être enroulée autour de la tête sous le casque). Le Kendô se pratique pieds nus (...sur du parquet).

Le hakama et le keikogi sont traditionnellement de couleur indigo unie mais il en existe aussi en blanc et on trouve aussi des keikogi bleu ou blanc surpiqués de motifs. Le prix d'un hakama (neuf pour adulte) varie entre 50 et 250 Euros et celui d'un keikogi varie entre 50 et 450 Euros.



L'usage qui avait cours chez les guerriers japonais (bushi) de l'époque féodale de porter le hakama a été conservé dans le monde des arts martiaux traditionnels japonais, donc naturellement dans le Kendô. Le hakama porté tel quel, n'est pas très adapté au combat. Tout personne a déja essayé de monter un escalier avec un hakama vous le confirmera! On entend aussi souvent dire ici ou là que le hakama permet de dissimuler le mouvement des pieds à son adversaire, ce qui est peut-être le cas sur un plancher bien lisse d'un dojo, mais en terrain accidenté, le problème est surtout de ne pas se prendre les pieds dedans... D'un point de vue pratique, les bushi le portait donc avec le bas des jambes resséré. Les gravures représentant les 47 ronins attaquant la résidence de Kira-ko-no-suke, de même que les nombreux dessins montrant le célèbre Miyamoto Musahi en combat, mettent en évidence le hakama ainsi resseré aux jambes. La qualité de nos surfaces d'évolution modernes ne nécessite cependant pas de le relever et on le porte donc tombant naturellement le long des jambes.

Pour ce qui est du tenugui, son rôle est essentiellement d'absorber la transpiration. Les tenugui ont généralement des motifs décoratifs imprimés et un tenugui spécifique est diffusé lors de chaque grande manifestation.

Que se soit pour le hakama ou pour le keikogi, il y a une technique de pliage spécifique à connaître pour conserver la tenue en parfait état.


C'est simple non? ...pour le hakama, c'est une autre histoire...

Et pour ceux qui aurait des doutes, voici la preuve que c'est humainement possible ^_^ :

Un petit conseil concernant les tenues indigo en coton : étant teintées avec de l'indigo naturel, elles présentent l'inconvénient, lorsqu'elles sont neuves, de déteindre fortement. Aussi pour réduire cet inconvénient et "fixer" la teinture, le "truc" classique est de les laisser tremper environ 30 minutes dans de l'eau tiède, fortement salée, additionnée d'un demi-litre de vinaigre blanc.

 

L'armure : le corps du kendoka est protégé par une armure appelée bogu, qui est constituée d'un casque ( le men), d'un plastron pour protéger les flancs (le do), de gants épais (les kote) et d'une protection pour les hanches et le bas-ventre (le tare).

Le prix d'un bogu neuf peut aller de 400 Euros à plus de 10000 Euros selon qu'il est fabriqué à la machine ou à la main et que les matériaux utilisés sont synthétiques ou naturels. Dans tous les cas, plus la largeur des coutures est étroite et plus le bogu sera cher. Cette largeur est mesurée en millimètres pour les bogu faits à la machine et en Bu (1 Bu = environ 3 mm) pour ceux faits à la main.
Heureusement pour les kendoka qui débutent, un bogu peut en général leur être prêté ou loué par leur club. Plus tard, ils pourront acheter leur propre bogu neuf ou, avec un peu de chance, d'occasion (ce qui est assez difficile à trouver).

Habituellement, le nom du kendoka ainsi que celui de son club (c'est une obligation pour la compétition) sont inscrits sur une petite housse (le zekken) que l'on enfile sur le pan central du tare.

L'arme : l'arme la plus utilisée au Kendô est le shinaï. C'est la réplique inoffensive en bambou du sabre japonais ("katana" ou nipponto).
Il est principalement constitué de quatre lames plates (les takes) issues d'un même bambou, réunies ensemble et soigneusement ajustées entre elles. De nos jours, le bambou est parfois remplacé par des matériaux synthétiques comme le carbone.
Une pièce de caoutchouc en forme de champignon (sakigomi) maintient séparées les lames à l'extrémité. Cette extrémité étant coiffée d'un capuchon de cuir épais (sakigawa).
La longue poignée (la tsuka), permet le maniement de l'arme à deux mains. Elle est recouverte par un étui en cuir fin (la tsukagawa).
La cohésion du shinaï est renforcée par un lacet en cuir (le nakayui), noué autour des quatre lames et placé environ au tiers de sa longueur en partant de la pointe.
Une cordelette de nylon (le tsuru), relie le sakigawa (côté pointe) au tsukagawa (côté manche), assurant la cohésion de l'ensemble. Cette cordelette symbolise le côté non tranchant du sabre.
D'autres pièces sont parfois présentes comme le tomegane, petites pièce de métal qui maintient les takes entre eux par l'intérieur, ou le komono, petite pièce de cuir servant à tendre le tsuru.


Du fait de ce mode de montage, le shinaï se plie à l'impact et le frottement des lames entre elles absorbe une partie de l'énergie. Ce sont ces effets combinés qui rendent les frappes non douloureuses et sans danger pour les pratiquants.
Malgré celà, lorsqu'il est mal entretenu, le shinaï peut devenir dangereux. Les lames de bambou ébréchées, constituent des parties contendantes susceptibles de rentrer dans la peau, ou pire dans les yeux. Le shinaï doit donc être régulièrement vérifié, hydraté, poncé et huilé pour éviter qu'il ne se casse pendant les combats. De plus, un shinaï neuf ne doit pas être utilisé tel quel. On doit le démonter et le polir avec du papier de verre (casser les angles des lames de bambou pour que les lames roulent bien les unes sur les autres). Il est aussi conseillé d'humidifier les lames de bambou puis de les enduire d'huile de lin, ou à défaut d'huile de cuisine ou d'huile de vaseline.
Pour ces raisons, il est également souhaitable de ranger ses shinaï dans la pièce la plus humide de la maison après chaque entraînement. La salle de bain est la pièce la plus adaptée... mais ce n'est en général pas l'avis de la maîtresse de maison...

Les tailles, poids et diamètres réglementaires pour le shinaï sont les suivants :

Pour les exercices d'entraînement et les katas (combats simulés), on remplace parfois le shinaï par un sabre taillé dans du bois dur, le plus souvent du bois exotique. Ce sabre en bois est appelé bokken.

Exceptionnellement, lors des galas d'arts martiaux, de vrais sabres peuvent également être utilisé par de haut-gradés de Kendô, mais ils peuvent aussi être remplacés par des répliques non tranchantes.


La pratique du Kendô

On pratique le Kendô pieds nus sur un plancher offrant une certaine élasticité (quand c'est possible ^_^). Le kendoka fait face à son adversaire en adoptant une posture droite et menaçante. Cette position, ou garde, permet à la fois de se protéger des attaques de l'adversaire et de rechercher l'opportunité d'une action offensive. Un petit nombre de pratiquants utilise un shinaï dans chaque main. Les kendoka se déplacent en utilisant un pas glissé (okuriashi).
A l'entraînement, les kendoka se considèrent comme des partenaires, ils travaillent ensemble pour progresser. Les excercices se pratiquent deux par deux. On appele celui qui est à l'origine de l'action, le motodachi, et celui qui doit étudier l'exercice, le kakari.

Dans l'assaut libre (jigeiko), les adversaires, qui se tiennent en garde face à face, les pointes des armes croisées, vont essayer mutuellement de marquer un point : le Ippon. Il faut donc réussir soit à frapper avant que l'adversaire ne puisse le faire, soit à frapper après avoir esquivé ou paré l'attaque adverse. Dans les attaques, les frappes peuvent se succéder ou se combiner. Il existe également des manoeuvres avec le shinaï destinées à affaiblir ou à ouvrir la garde de l'adversaire.

L'objectif est de frapper l'adversaire sur une partie "valable", c'est à dire le men (casque), les kote (les gants) ou le do (le plastron), et ce avec la partie "valable" du shinaï, c'est à dire le tiers supérieur (allant du sakigawa au nakayui) correctement orienté (avec le coté opposé à l'himo).
Les frappes fondamentales portent le même nom que les protections :

Que l'on soit débutant ou expert, la frappe, qu'elle soit de coupe ou d'estoc, est comptée "Ippon", si et seulement si un les conditions conditions du Ki-Ken-Tai-no-Itchi sont réunies.
Il s'agit d'un concept original, spécifique au Kendô, selon lequel une frappe est valable (yuko-datotsu) si et seulement si :

  1. L'attaque est portée avec volonté et détermination (kime), ces éléments se manifestant par le cri (kiai) et un esprit de vigilance avant, pendant et après l'assaut (zanshin) : condition de Ki.
  2. L'attaque est portée avec la bonne partie du shinaï (tiers supérieur - datotsubu), correctement orientée (respect du tranchant du sabre - hasuji), sur une partie autorisée de l'armure (datotsubui) : condition de Ken.
  3. L'attaquant maintient une posture correcte et vigoureuse lors de l'action (shisei), cet élément se concrétisant par l'avancée avec frappe du pied droit sur le sol, suivi d'un ramené immédiat du pied gauche : condition de Tai.
  4. Ces trois premières conditions se produisent simultanément : condition de Itchi.

La réalisation du Ki-Ken-Tai-no-Ichi demande un long entraînement avant de devenir naturelle.

Le "Zanshin" signifie la conservation à tout moment de la vigilance envers l'adversaire, même si l'on juge l'attaque portée à l'adversaire, précise puissante et valable. On doit demeurer physiquement et mentalement prêt à lui donner immédiatement un deuxième ou troisième coup, dans le cas où le premier coup s'avérerait complètement manqué ou insuffisant, et où cet adversaire risquerait de contre-attaquer. Concrètement, l'attitude "Zanshin" après une attaque, consiste à se retrouver au plus vite et sans aucun moment de relâchement, en garde face à l'adversaire, adoptant un comportement "menaçant", disponible pour une reprise immédiate du combat.

Les combattants s'affrontent réellement et les assauts sont d'une intensité très soutenue. Toute forme de brutalité est néanmoins rejetée:

L'adversaire n'est pas un ennemi à battre,
mais un partenaire indispensable aux progrès
.

En plus du combat libre, il existe une autre forme de combat, plus particulièrement pratiquée à l'entrainement : les Katas. Il sagit là de la forme traditionnelle de transmission du savoir des anciens, sous forme de séquences techniques codifiées, le plus souvent de phases de combat simulé, simples ou complexes, seul ou à deux (le plus souvent), dans lesquelles le scénario est prédéterminé.


Les grades et les examens

Il existe deux systèmes parallèles de reconnaissance du niveau des pratiquants de Kendô : d'une part les grades qui sanctionnent le niveau technique et d'autre part les titres (ou shogo) qui sanctionnent les compétences pédagogiques (celles-ci incluant l'arbitrage).

Les grades : ils se répartissent en 2 catégories :

Les candidats à un kyu ou à un dan doivent passer un examen pratique devant un jury au cours de sessions organisées par les dojo (pour les kyu), les fédérations nationales ou internationales (pour les dan).
Au Japon il faut compter au moins une vingtaine d'années de pratique avant d'atteindre le 8e dan, le grade le plus élevé.

Les titres (ou Shogo) : ce sont des titres d'enseignants. Ils commencent à partir du 6e Dan, et sont liés au grade : renshi (instructeur), kyoshi (professeur), hanshi (maître). Ils font l'objet d'examens particuliers orgnisés uniquement par la Fédération Japonaise de Kendô (ZNKR, Zen Nippon Kendo Renmei).


Les compétitions

En comptétition (Shiai), les combats se déroulent dans un carré de 9 à 11 mètres de côté (le Shiaijo), avec trois arbitres (Shinpan), un central et deux latéraux.
Chacun des combattants est identifié par un morceau de tissu de couleur différente, un rouge et un blanc.
En championnat, le résultat des combats se décide selon la règle internationale dite de la "victoire décidée en trois points" (Sanbon Shobu), c'est-à-dire que le nombre total des points (Ippon) marqués par les deux combattants ne peut excéder trois, le vainqueur étant le premier à marquer 2 points.
Le combat dure de 2 à 5 minutes selon les catégories d'âge et de sexe. S'il y a match nul (Hikiwake) à la fin du temps réglementaire ("0 à 0" ou "1 à 1"), en fonction de la nature de la compétition, il peut y avoir prolongation du combat. La victoire se décidant alors selon la règle de "la mort subite'' (Encho), c'est-à-dire que le combattant qui réussit à marquer le premier point est déclaré vainqueur. Pour les plus jeunes, les arbitres ont aussi parfois recours à la "règle de la décision" (Hantei).

Voici quelques exemples de combats qui illustreront le compte des points :

Combat 1
M. Lerouge rencontre M. Leblanc.
Au début du combat, le tableau d'évolution est les suivant :

M.Lerouge marque "Men" (on entoure le premier point) :

M. Leblanc marque "Do" :

Et enfin, M. Lerouge marque "Kote" :

M. Lerouge est déclaré vainqueur!

Combat 2
M. Lerouge rencontre M. Leblanc.
M.Lerouge marque "Men" :

Au bout du temps règlementaire si aucun autre point n'a été marqué,
c'est M. Lerouge qui gagne le combat (on raye alors le côté sans point)

Combat 3
M. Lerouge rencontre M. Leblanc.
M. Lerouge marque "Men" :

M. Leblanc marque "Do" :

M. Lerouge et M. Leblanc tentent chacun plusieurs actions
mais aucune n'est validée et le combat continue...
Si aucun des deux combattants ne marque à nouveau avant
la fin du temps réglementaire, il aura Ikiwake (match nul, on barre le combat)

Au delà du temps règlementaire, l'issue du combat peut
dans certain cas être déterminée par Encho ("mort subite").
C'est alors le premier qui marque un point qui gagne le combat.

Combat 4
M. Lerouge rencontre M. Leblanc.
M. Leblanc sort du Shiaijo (aire de combat). Il a une première pénalité (hansoku ikkai, noté par un triangle) :

Puis M. Leblanc perd son shinaï (pas de chance décidément ^_^).
Il a une deuxième pénalité (hansoku nikkai) et on attribue un point à M. Lerouge (Ippon) :

Ensuite le combat continue...

Combat 5
M. Lerouge doit rencontrer M. Leblanc mais celui-ci
s'est blessé et ne se présente pas sur l'aire de combat.
M. Lerouge n'a donc pas d'adversaire et est déclaré vainqueur par forfait!

En plus des rencontres individuelles, il existe des rencontres par équipes (généralement de cinq personnes, mais aussi de trois ou de sept).
Les kendoka de chaque équipe s'opposent en une série de combats individuels. L'équipe qui a le plus de victoires remporte la rencontre. En cas d'égalité du nombre de combats remportés, l'équipe qui gagne est celle qui a marqué le plus de points. S'il y a égalité des points, les capitaines de chaque équipe font un combat supplémentaire pour se départager.
Dans les équipes de cinq, le nom des positions par "ordre d'entrée en scène" sont : sempo, jiho, chuken, fukusho, taisho (le dernier combattant en général est aussi le capitaine).


Voilà, j'espère que cette petite présentation du Kendô vous a plu et qu'elle vous aura donné envie de découvrir cette discipline malheureusement trop peu connue chez nous. Pour avoir plus d'informations sur la pratique du Kendô en France, vous pouvez aller visiter le site du Comité National de Kendo et Disciplines Rattachées (CNK-DR), qui est rattaché à la Fédération Française de Judô et Disciplines Associées : http://www.cnkendo-dr.com/).

J'ai essayé d'être aussi exact possible, cependant si j'ai commis quelques erreurs, n'hésitez pas à envoyer un commentaire pour les corriger ou apporter des précisions.

MaaaX